6èmes Journées Scientifiques
 
 

Abstracts

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Transmission de la psychanalyse : effets au quotidien d'un séminaire de réflexion clinique à l'Hôpital Esquirol

Les adolescents “décrocheurs” : une expérience pilote avec l'Education Nationale

Savoir-faire et théorie

Quand l'action sociale doit tenir compte du délire ?

Mental Health Consequences of Bioterrorism

Portes ouvertes/Portes fermées


Quel espace, le temps du sujet

Paroles de soignants

La question du dedans et du dehors à travers l'expérience d'un "groupe de sorties"

Violences sexuelles en institution : de la prévention à la prise en charge

A self help treatment approach for multiple personality disorder

CAC Reuilly, limite du centre de crise

Le CMP, lieu de traitement ou lieu de passage ?

De la Mélasse au Méli-Mélo

Extremes of engagement with mental health services

A propos de l'errance

Respect de l'Intime et Nécessité de la chose Publique

Du patient à l'usager

De la passivité à la notion de responsabilité


Pour une meilleure autonomie du malade

   
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Transmission de la psychanalyse : effets au quotidien d'un séminaire de réflexion clinique à l'Hôpital Esquirol
Florence REZNIK, psychologue, Bénédicte DELATTRE, cadre infirmier et Xavier FOURTOU, stagiaire psychologue
Service du Dr Windisch

Depuis quelques années, un séminaire de réflexion clinique et psychanalytique se déroule dans le service du Dr Windisch, à Esquirol, organisé par Mme Reznik, psychologue. Le séminaire a la particularité de faire intervenir des personnes du dedans et du dehors de l'institution, autour d'un thème qui sert de fil rouge tout au long de l'année.
Pour l'extérieur, des psychanalystes, psychiatres, philosophes, ethologues, sociologues, écrivains sont invités et nous invitent à leur tour, par la richesse de leurs interventions, à réfléchir ensemble.
Pour l'intérieur, des psychologues, psychiatres de l'hôpital mais aussi les équipes infirmières du service qui travaillent sur le sujet et exposent ensuite le fruit de leurs réflexions. Egalement cette année, les stagiaires psychologues en fin de stage, après avoir étudié ce thème, ont eu la parole dans ce séminaire.
Ils vont lors de cette présentation aux journées d'Esquirol, témoigner des effets que ce travail de réflexion a produits dans leur pratique de soins au quotidien.


Les adolescents “décrocheurs” : une expérience pilote avec l'Education Nationale

Dr Corinne TYSZLER et Dr Catherine DELMAS
Services des Drs Bourcier et Vinograde

Nous vous proposons de rendre compte d'une expérience auprès d'un groupe de proviseurs et de responsables de CIO dont l'objet est la réflexion commune autour de l'exclusion d'un élève, et de ce qui pourrait être mis en place en amont afin éventuellement de l'éviter. Il est intéressant de pouvoir y repérer comment l'autorité dans sa dimension symbolique semble glisser du côté du tutorat reproduisant ce qui dans le social témoigne de cette lente dérive.
La coopération de ce groupe et de psychiatres dans un souci constant de différenciation des fonctions nous paraît tout à fait fructueuse, car loin d'effacer les frontières qui délimitent les différents espaces d'intervention, elle permet, au contraire, d'en redélimiter le tracé ; chacun dans son champ assumant alors la fonction qu'il est censé représenter dans le discours social.


Savoir-faire et théorie
Marc HAYAT, psychiatre

Deux enquêtes (en 1994 et 1996) effectuées auprès d'une vingtaine d'hôpitaux de jour de Paris ont permis de cerner les contours d'une pratique partagée par la plupart des équipes soignantes interrogées.
Cette "psychiatrie à la française" associe :

  • des soins fondés sur une relation aux patients immédiatement inscrite dans la vie quotidienne,
  • l'utilisation de traitements médicamenteux,
  • une subtile dialectique entre une préoccupation, un souci, voire une inquiétude quant à la vie sociale et affective des patients et une position fermement anti-intrusive,
  • une convivialité permettant de partager la vie quotidienne dans l'espace de l'hôpital de jour.

Cette culture du soin psychiatrique repose sur une théorie de la psychose, qui s'enracine dans une conception psychodynamique des troubles mentaux, et sur une conception de l'homme dans le monde, où la notion du sujet est primordiale. L'apparente hétérogénéité des interventions en psychiatrie (dans les champs : médical, psychologique et social) trouve sa cohérence dans la subjectivité du patient qui est l'axe organisateur de la cure. Les limites de la psychiatrie en découlent. C'est ce savoir-faire qui semble aujourd'hui menacé, non pas par la confrontation nécessaire avec d'autres théories et d'autres savoir-faire plus anglo-saxons dans leur esprit, mais par une conception de l'homme- machine, inhérente à toute société technocratique, sur laquelle semble se fonder aujourd'hui en France le pouvoir politique. Ainsi, si le champ d'action de ce savoir-faire psychiatrique este apparemment le même, son action et sa mission dans la société changent radicalement. De l'avènement de la dimension subjective chez le patient, on passe au développement de sa capacité d'adaptation à la société.


Quand l'action sociale doit tenir compte du délire ?
Danièle Gabbay assistante sociale (Service du Dr Vidon) et Marie-christine Fillot,
coordinatrice de l’action sociale (Esquirol)

L'expression du délire qui met en cause l'ancrage social de la personne et les dispositifs sociaux qui sont fondés sur une réalité sont-ils conciliables ? Permettre à la personne en difficulté psychique de s'inscrire dans un droit, contraint parfois le travailleur social à faire le grand écart. Travail particulier où le psychiatre, le psychologue et les soignants sont le balancier indispensable pour tenir un équilibre entre ce que la société décrète comme normal et ce que le délire permet pour la personne comme interprétation de la réalité. A travers différents exemples sur la pratique des travailleurs sociaux, nous allons essayer de montrer en quoi la complémentarité des actions entre le social et le soin peut permettre à la personne de retrouver des repères et ce que l'on nomme une insertion sociale. Travail autour de l'identité, travail dans le temps et sur un territoire, travail parfois avec le délire comme élément à inscrire dans l'action sociale qui ne peut se faire qu'avec le soutien et l'articulation avec le thérapeutique.


Mental Health Consequences of Bioterrorism
Shmuel Kron, M.D., M.P.A, Shlomo Mendlovic. Ph.D.,
M.D. Directorate and Department A, Shalvata Mental Health Center, Hod-Hasharon, Israel

(extraits de l'intervention)

The threat of a large-scale incident involving intentional release of biological agents is a growing concern for the medical community. Since the horrific mass casualty terror attacks on 11 September 2001, and several malicious anthrax attacks identified worldwide, we should be alert to diseases caused by chemical and biological warfare and exposure to radiation (1)….
The goal of mental health in disaster is to help individuals and the community to restore psychological and social functioning, and to reduce the incidence and the severity of disaster-related mental health problems. In the aftermath of destruction and pain, many experience personal and social transformation, feelings of increased understanding of the fragile life, and adopting a sense of moral commitment - a sense that personal and group trauma must be converted into community asset, not just a personal asset or catastrophe (21).
In the case of bioterrorism, the immediate attention of mental health workers will be devoted to the possibility of direct consequences of the bio-agents….


Portes ouvertes/Portes fermées
Emmanuel DIGONNET et Anne-Marie LEYRELOUP, infirmiers
Service du Dr Windisch

L'ouverture des portes dans les hôpitaux psychiatriques semble être dans les textes et les idées mais pas dans la réalité. Pourtant cette préoccupation doit répondre à un souci d'humanisation de la prise en charge des malades mentaux, de désaliénation mais aussi de respect du droit.
Nous constatons que de nombreux obstacles subsistent pour rapprocher les conditions d'hospitalisation des malades mentaux de celle des malades "somatiques" hospitalisés en soins généraux.
Nous nous sommes penchés à l'Hôpital Esquirol sur la situation et les pratiques de tous les services. Nous nous proposons de vous livrer les résultats de nos travaux ainsi que quelques pistes de réflexion.


Quel espace, le temps du sujet
Jean-Luc MARTIN, Dr M. OITA et l'équipe de l'unité Séglas
Service du Dr Gros

Le trajet d'un patient suivi depuis plusieurs années, dans ses trajets stricto-sensu, mais également dans les signifiants qui s'essayent à le nommer ou à le situer dans les certificats et comptes rendus.
Notre intervention serait précédée d'un préambule sur les notions de limite (états limites) et de "border" (border-line) pour essayer de situer les notions de violence et de passage à l'acte dans l'institution.


Paroles de soignants
Equipe de l'unité de polyhandicapés : Marguerite Bottard (Esquirol)

L'image, muette, saccadée, écroulée, torse étiré au bord de la déchirure d'un corps comme lieu d'un insoutenable, appelle et repousse l'Autre qui recherche dans l'angoisse le crédit qu'il pourrait accorder à sa propre image.
Cette image risquée, suspendue au bon vouloir de l'Autre, est cependant fondatrice des assises imaginaires et au demeurant essentielle à une certaine normalisation du rapport du sujet au monde et à lui-même, puisque c'est cette image qui donne au sujet son heim, qui lui donne sa maison.
Les paroles de soignants qui vont suivre témoignent de la réalité de ces soins qui mettent en perspective odeurs, regards, voix, seins et sexes, réunissant ces objets perdus, les identifiant en tant qu'êtres humains participant au monde phénoménal.


La question du dedans et du dehors à travers l'expérience d'un "groupe de sorties"
Lyazid SOUAKRI, Anne-Laure Sebellini et collaborateurs
Service du Dr Bantman

Nous nous intéresserons à la question du dehors et du dedans de l'institution psychiatrique à travers l'expérience vécue.
Nous commencerons par une brève présentation du groupe et expliquerons les raisons de sa mise en place, ses modalités et ses indications.
Nous essayerons ensuite d'observer ce qu'a pu engendrer de résistance, d'angoisse, de ressenti, et de plaisir des "sorties à l'extérieur de l'hôpital".
Et nous verrons enfin, en relatant quelques situations concrètes, comment a pu être flou la limite entre le dedans et le dehors de l'institution. Tant ceci autant du point de vue des accompagnateurs que des patients.


Violences sexuelles en institution : de la prévention à la prise en charge
Aude Marzlof et Catherine Meut psychiatre, ESPASS et le comité Sida de l'hôpital Esquirol

Le groupe Sida de l'Hôpital Esquirol, après un moment de pause, redessine ses contours et avec l'aide du réseau ESPASS, va élargir ses activités.
Ses actions vont se diriger à la fois vers l'information autour de l'hépatite C mais également des violences sexuelles en institutions.
L'intervention d’aujourd'hui se limitera aux abus et violences sexuelles. Où il est question d'aspects médico-légaux, de limites, mais aussi de soins.


A self help treatment approach for multiple personality disorder
Dr HARALDUR ERLENDSSON
The Princess Royal Hospital - Haywards Heath - Mid Sussex

A brief overview of the diagnosis and treatment of MPD is given. The standard treatment often involves well over 2000 hours of therapist time.
A case is presented where the treatment emphasis was daily inner work by the patient himself. This was done with the most painful and resourceful parts of the inner mind. Ideas from CG Jung and techniques from El Rossi were used to develop the treatment plan. Patient was seen for 14 sessions in two years and during that time all dissociative symptoms disappeared.


CAC Reuilly, limite du centre de crise
Dr Nicole SEGUIER et l'équipe soignante
Service des Drs Windisch et Vidon

Le centre d'accueil et de crise se trouve de par sa fonction aussi bien à la limite de la psychiatrie : pathologie psychiatrique, souffrance mentale sans décompensation, qu'à la limite géographique de l'intra hospitalier et de l'extra hospitalier.
Le fonctionnement du centre nécessite cependant un cadre défini, un travail rigoureux. C'est ce que nous allons illustrer par la présence de deux cas cliniques :
1) une mère présentant une pathologie mentale ayant un bébé en souffrance : articulation nécessaire et possible avec de nombreux intervenants, de façon diverse au fil du temps. Rebondissement récent.
2) Un jeune homme, fils de malade mental dont la symptomatologie évoque une pathologie lourde qui a pu se restructurer, s'adapter, poursuivre un cursus brillant et investir de nouvelles relations. La présentation par l'équipe infirmière du travail de restructuration ponctuelle et au long cours de plusieurs patients.


Le CMP, lieu de traitement ou lieu de passage ?
Laurent JAMES, Jocelyne ABITTAN et Isabelle COMMES, psychologues
Service du Dr Vidon

Qu'en est-il de la demande de soin psychothérapeutique faite au service public ?
Comment entendre l'urgence et la précarité tout en proposant la possibilité de dégagement d'un espace psychique ?
Nous exposerons le dispositif d'accueil au C.M.P. Colbert depuis plusieurs années, sa fonction par rapport à une éthique de soin où la tension entre le sujet dans sa dimension sociale et le sujet dans sa dimension psychique s'exprime sur le mode de la faillite narcissique.


De la Mélasse au Méli-Mélo
Dr Françoise COSSON
Service du Dr Vidon

Aux plans médiatisés, aux pratiques comptables, aux glissements disqualifiants ont émergé des processus d'exclusion, d'enfermement.
Psychose et hystérie sont venues rappeler leur existence de façon bruyante.
A nier malades et soignants, force est de constater que la demande de soins n'a jamais été aussi forte.
"Y laisser la peau" a failli être réalité pour nombre de soignants.
Nous avons opposé un lien de repérage structurant avec des soignants à l'échelle humaine. Aux leurres imposés nous avons proposé quelques chose qui s'épelle S.O.I.N.S.


Extremes of engagement with mental health services
Andy Burtenshaw, infirmier - Princess Royal Hospital (G.B.)

Just as the unregulated patient with a bipolar disorder aways between extremes of mood flirting first with life and then with death. This paper sets out to explore how patients willingness to engage with treatments in community psychiatry can very between positive over engagement through disengagement to positive resistance to engagement.
In the UK the 1990's have seen changes with the closure of many of the old psychiatric institutions (asylums). Public opinion safety and human rights has driven some of these changes.
The organisational structure enabling this movement has been initialy the creation of Community Mental Health Centres (CMHCs) and more recently Assertive Outreach (AO) and Crisis Resolution/Home Treatment (CR/HT) teams.
This paper explores what we do to desires of the patient when we try and engage with those who do not want to engage with the traditional mental health services. Does AO change or modify the patients desires through their assertiveness, or do they fulfil their own desire to help the patient by modifying the service which AO provide. The issue of desire is contrasted with the patient willing to engage as in the case of CR/HT.
This paper concludes that essentially there is nothing new in current community treatments, but that there is something novel emerging treatments are all variations on how to put the other first and feed a desire. They are all recycled treatments administered by a post-modem National Health Service in a professional and more refined and aware manner where image is beginning to take a priority.


A propos de l'errance
Equipe du Réseau Souffrances et Précarité

Aller à la rencontre des personnes de l'errance, dans ce hors-lieu où la flèche du temps se réduit à un point, met en tension, remet en cause, le supposé-savoir soignant et ses outils jusqu'à ses fondements. Cela pose plusieurs questions à l'équipe du Réseau "Souffrances et Précarité" :

  • La notion de réseau (à la mode) qui en fait ne serait qu'une organisation gestionnaire des savoir-faire à la différence du réseau qui se noue à partir d'un authentique contact, entre personnes, et qui se constitue comme un maillage dans le temps, ipso facto.
  • La question que nous pose cette "humanité nue" de l'errance est, elle aussi, nue et nous expose en boomerang à notre propre nudité : qu'est-ce qu'un soin ? qu'est-ce qu'un soin psychiatrique ? Là où nous nous démarquerions d'une approche esthétisante et misérabiliste qui laisserait penser que la misère est l'élément clinique prévalent, il s'agit de voir ce que ces gens nous apprennent sur ce qui fait défaut dans le soin aujourd'hui et, en se référant à quelques situations cliniques positives, faire émerger des points de constat de ce qui apparaît fondamental dans l'idée du soin : parole, affect, diagnostic, traitement, durée, relation,… transfert ?

La pratique de la psychiatrie oblige à s'interroger sur le soin, la normalité, la "tentation" du politiquement correct etc …, qui, très vite, peut s'immiscer dans sa (ses) définition(s) et en gauchire les limites.
Pour autant, on ne peut que s'étonner qu'on ne parle plus de la Folie sous prétexte d'exclusion, nouvelle stigmatisation paradoxale par le silence dans l'espace public : le Fou n'existe plus, il n'y a plus que des pauvres ?


Respect de l'Intime et Nécessité de la chose Publique
Dr Claudine PERDIGON et l'équipe du SAFT
Service du Dr Gervais

A partir d'un élément anecdotique, le téléphone portable utilisé par un adolescent en accueil familial thérapeutique, nous nous sommes questionnés sur cet Intrusif ; et donc sur les frontières à savoir tenir entre l'intime des familles d'accueil et le nécessaire travail au cœur de leurs "émotions".
Peut-être cela ouvre-t-il à des réflexions sur notre travail de thérapeute, quel qu'il soit ?


Du patient à l'usager
De la passivité à la notion de responsabilité

Béatrice DESMAZIERES, association ESQUI

Une frontière historique, et ceci en trois domaines :

  • ma relation avec les soignants devient plus adulte
  • dans le social pris au sens large : des choix à faire parmi tous les journaux, les livres, toutes les radios, les chaînes de télévision, le net
  • de moi à moi, je peux introduire quelques "valeurs" constructrices dans ma vie ou non


Pour une meilleure autonomie du malade

Pierre Couquet, UNAFAM du Val-de-Marne

Illustré par la constitution de SANTE MENTALE FRANCE, le partenariat usagers/familles/soignants s'est manifesté par l'acquisition du Plan de rénovation en Santé mentale, dont la réalisation est en cours.
Il doit se poursuivre sans délai à travers les actions suivantes :

  • sensibilisation des élus locaux à travers les conseils locaux de santé mentale (démarches familles-soignants),
  • développement et pérennisation des réseaux,
  • évaluation des besoins (réels) et optimisation des moyens,
  • formations (croisées) des acteurs.

Il doit aussi se poursuivre au niveau cas par cas par des alliances thérapeutiques et médico-sociales, et des efforts réciproques pour mieux se connaître :

  • de la part des malades pour une meilleure autonomie,
  • des familles pour une prise de distance et une meilleure compréhension,
  • des professionnels pour plus d'empathie, de pragmatisme, et moins de doctrine ; et une communication de qualité.

Saurons-nous évacuer l'hospitalo-centrisme ?