La psychiatrie, comme toute activité médicale, peut s’exercer soit en service public (hôpital général ou spécialisé, consultation médico-psychologique), soit en secteur privé participant au service public (institution gérée par une association), soit en secteur privé (cabinet médical, clinique psychiatrique). Quel que soit le lieu, les professionnels ont la même formation et, a priori, les mêmes compétences de base.
Toutefois il existe une grande variété de références théoriques et de pratiques soignantes.
Dans le secteur public et privé participant au service public, les soins sont pris en charge par la Sécurité Sociale.
Dans le secteur privé libéral, les honoraires sont variables, la Sécurité Sociale prend en charge les soins dans des proportions variables, les mutuelles complétant, le cas échéant.
Les services publics de psychiatrie sont sectorisés.
Tous les départements français sont divisés en zones géographiques appelées « secteurs ». Pour chaque secteur1, une même équipe assure tous les soins psychiatriques pour la population habitant dans cette zone. C’est-à-dire que, selon le lieu de résidence, une équipe de santé mentale est à disposition près du domicile, en cas de besoin.
Les soins pour les enfants ou les adolescents et ceux pour les adultes ne sont pas assurés par la même équipe. Il existe 830 secteurs de psychiatrie pour adultes, soit en moyenne un secteur pour 54 000 habitants de plus de 20 ans, et 320 secteurs de psychiatrie pour enfants et adolescents2, soit en moyenne un secteur pour 49 000 habitants de moins de 20 ans3.
Chaque secteur de psychiatrie peut disposer de plusieurs lieux de soins, répartis sur son territoire : centre médicopsychologique (consultations, orientation), centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), hôpital de jour, centre de crise, centre de postcure, appartement thérapeutique, consultation spécialisée et unité d’hospitalisation.
Les soins sont assurés par une équipe pluridisciplinaire : psychiatres, pédopsychiatres (psychiatres pour enfants et adolescents), psychologues, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens, assistants de travail social, ergothérapeutes… Chaque secteur de psychiatrie est rattaché administrativement à un centre hospitalier (général ou spécialisé).
Il existe aussi des lieux de soins non sectorisés, c’est-à-dire ne dépendant pas du lieu d’habitation (ex : lieux de soins associatifs ou privés, participant au service public hospitalier).
Les soins psychiatriques varient beaucoup d’un secteur à l’autre (professionnels, structures de soins et pratiques thérapeutiques). Mais la plupart des régions développent les alternatives à l’hospitalisation et les soins ambulatoires. Rappelons qu’environ 75% des adultes et 97% des enfants et adolescents soignés par les services publics de psychiatrie ne sont jamais hospitalisés, mais suivis en ambulatoire4.
Le secteur privé est composé de psychiatres, pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes et psychomotriciens libéraux.
Ils exercent en cabinet, ou au sein de cliniques psychiatriques pour adultes (dont certaines accueillent des adolescents).
1 - Ici « secteur » = service public de psychiatrie. (Retour au texte.)
2 - On parle aussi d’intersecteur de pédopsychiatrie ou de secteur de psychiatrie infanto-juvénile. (Retour au texte.)
3 - DREES, Etudes n°32, mai 2003 et n°42 mars 2004 (http://www.sante.gouv.fr/). (Retour au texte.)
4 - Dans les centres-médico-psychologiques, les CCATP, les hôpitaux de jour... (Retour au texte.)